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Je crois que j’ai raté mes vacances

Je crois que j’ai raté mes vacances.
Tu sais, quand tu reviens avec ce sentiment de mauvaise fatigue, cette impression de ne pas avoir fait ce que tu voulais, que tu rentres chez toi avec un soulagement que ce soit fini et qu’en même temps cela te rappelle que tu vas devoir retourner à ta routine, ton travail, tes tâches et que tu es déjà exténué.e d’avance.
Ouais, je pense que lorsque tu rentres de vacances avec ce type de sentiments, c’est que t’as pas géré.
Et je crois que j’ai raté mes vacances.

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Pourtant, j’avais les bons ingrédients : partir loin de chez soi, pour se dépayser, vers le sud, vers le soleil, vers la chaleur. Faire plusieurs haltes, pour la famille, pour la nature, pour la ville, et une autre partie de la famille : ça permet de changer, de tout voir, de satisfaire toutes les envies pour pas être frustré.e. Et puis rentrer chez soi, quelques jours encore, pour avoir cette pause entre le voyage et la reprise.
C’était censé être bon, hein, t’en penses quoi, c’était bien prévu non ?

Mai la route était longue : plus de 2500km sur 10 jours, sans jamais rester plus de trois jours au même endroit, pas vraiment la définition du repos pour récupérer du manque de sommeil qui sévit depuis des mois. Mais il fallait bien tout faire, tout voir, que chacun y trouve son compte, on ne bouge même pas une fois par an alors les choses s’accumulent. Et puis, tant qu’à être à des milliers de kilomètres de chez soi, c’est pas pour rester enfermé.e et ne rien visiter, hein ? C’est ce qu’on voulait, pouvoir voir et découvrir du pays, en prendre plein les yeux, avoir ce sentiment de vacances indescriptible, donc la seule caractéristique connue semblait être le soleil.
D’ailleurs, il était pas au beau fixe le soleil, il parait qu’il faisait trop chaud, trop beau, depuis trop longtemps et le ciel a décidé qu’il était temps que ça pète, que les orages et la pluie éclatent. C’était toujours mieux que dans ma presqu’île du Cotentin, mais j’ai gardé avec moi ma belle peau blanche. T’y crois, si je te dis que je sais même plus quelle couleur prend mon visage quand je bronze ?

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Ah, et maintenant, je sais que je suis mal à l’aise dans les montagnes. Une fille de la mer, qui aime perdre son regard à l’horizon d’une étendue bleue, ça se sent quelque peu enfermée par les géantes de roches et les forêts sèches des Cévennes. Surtout quand on y ajoute le vertige. Dis comme ça, c’est évident, mais j’étais jamais allée voir les montagnes, donc tu comprends, je pensais vraiment que j’allais pouvoir aimer. Et puis surtout, c’était que quelques jours, les autres étapes étaient là pour faire une pause… sauf que j’ai eu la même impression en ville, avec tous les immeubles et routes qui empiètent sur la nature. Une fille de la mer pas vraiment citadine visiblement.

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Alors on part se ressourcer chez les beaux-parents. C’est une fête de famille, alors c’est l’heure de rencontrer de nouvelles têtes, oh juste une dizaine de personnes pendant trois jours. Dis, tu crois que ça fait beaucoup pour une fille de la mer, éloignée de milliers de kilomètres de sa maison, qui a été enfermée dans les montagnes et dans la ville pendant des jours, alors qu’habituellement elle aime se ressourcer seule chez elle ? Ouais, ça faisait beaucoup.
C’était chouette, c’était beau, mais c’était beaucoup, c’était un peu trop.

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Et tu sais, pourquoi c’était trop ?
Parce que c’était d’un seul coup. Parce que le rythme effréné de toute une année, sans pause, fait qu’on a tout réunit sur une dizaine de jours. Toutes les bonnes choses qui font du bien devaient obligatoirement se produire, simultanément ou à la suite, sur une courte durée. Tout ça parce que le quotidien en lui-même n’est pas bien dosé.
Et bien ça marche pas. C’est pas une balance : ce n’est pas parce que tu fais toutes les choses barbantes pendant 11 mois que tu vas avoir 1 mois de bonheur intense. Raté, c’est pas la bonne formule.
Tu ne peux pas réussir à te déconnecter de quasiment une année d’apnée émotionnelle, ni à rattraper tout ton sommeil de retard, ni à faire toutes les choses que tu t’étais promises de faire « quand tu auras le temps », tout cette liste qui s’écrit au fil de l’année, sur une poignée de jours. La pression est trop grande, rien ne se fait, les illusions tombent, tu tapes d’abord sur les mauvaises vacances et puis tu t’avoues que c’est le quotidien qui faut changer.

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Les vacances ne doivent pas être une bouée de sauvetage pour ne pas suffoquer. Alors avant de repenser à un voyage, des jours de repos ou tout autre forme de pause, je pense que je vais d’abord réorganiser mon quotidien, revoir les priorités, relativiser et apprendre à nager dans l’océan de la vie.

 

 

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